Chine : le Président de la Chine Xi Jinping, frappe au cœur de son armée.

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La mise à l’écart de Zhang Youxia, pilier de l’appareil militaire chinois et proche de longue date de Xi Jinping, marque une rupture historique. Derrière l’accusation de corruption se dessine une bataille plus profonde : celle de la loyauté absolue à l’approche d’un tournant politique et géostratégique majeur pour Pékin.

Longtemps considéré comme indéboulonnable, Zhang Youxia incarnait la continuité et l’expérience au sommet de l’Armée populaire de libération. Vétéran de la guerre contre le Vietnam, héritier d’un capital politique forgé par des liens familiaux avec la génération révolutionnaire, il était devenu l’homme fort de la Commission militaire centrale. Son éviction, aux côtés du chef d’état-major Liu Zhenli, dépasse la simple lutte anticorruption : elle révèle une volonté de reprise en main totale de l’institution militaire par Xi Jinping, qui ne tolère plus aucune zone d’autonomie au sein de l’appareil sécuritaire.

À deux ans du 21ᵉ congrès du Parti communiste, cette purge envoie un signal sans ambiguïté : la loyauté personnelle au chef prime désormais sur l’ancienneté, les réseaux et même les services rendus. Mais cette stratégie comporte un coût. En décapitant brutalement sa hiérarchie militaire, Pékin fragilise le moral des troupes et perturbe, au moins temporairement, l’efficacité opérationnelle de son armée, au moment même où les tensions autour de Taïwan et avec les États-Unis exigent sang-froid et cohésion.

En faisant tomber l’un de ses plus proches alliés, Xi Jinping prouve qu’il peut tout se permettre mais aussi que plus personne n’est à l’abri. Dans la Chine d’aujourd’hui, même les généraux victorieux d’hier peuvent devenir, du jour au lendemain, les symboles d’un pouvoir qui n’admet plus ni confiance durable, ni fidélité acquise.

Trésor NTUMBA

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