L’ancien ministre des Finances et ex-Premier ministre de la République démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo, a récemment publié un ouvrage intitulé « Politique économique dans un pays en développement ».
À travers ce livre, l’économiste congolais analyse en profondeur les défis structurels liés à la gouvernance économique des États africains, en particulier ceux confrontés à des contraintes institutionnelles et politiques persistantes.
Invité sur le plateau de TV5 Monde, Augustin Matata Ponyo est revenu sur son passage à la tête des finances publiques et de l’exécutif congolais. Il a dressé un constat qu’il qualifie de préoccupant, évoquant un net recul de la gouvernance économique en RDC ces dernières années.
Selon lui, les indicateurs macroéconomiques actuels contrastent fortement avec ceux enregistrés durant son mandat.
« Lorsque j’étais Premier ministre, avec un budget d’environ cinq milliards de dollars, les salaires étaient régulièrement payés, des entreprises publiques créées et les infrastructures routières modernisées. Aujourd’hui, avec un budget avoisinant seize milliards de dollars, les routes sont dégradées, les entreprises publiques en faillite, les salaires irréguliers et la monnaie nationale en constante dépréciation », a-t-il déclaré.
Pour l’actuel opposant politique, cette situation est essentiellement la conséquence d’une mauvaise gouvernance, aggravée par un déficit chronique de leadership au sommet de l’État.
Abordant les accords internationaux, notamment ceux de Washington et de Doha, Augustin Matata Ponyo a exprimé des réserves quant à leur efficacité en l’absence d’un consensus national solide.
« Les accords externes ne produiront aucun effet tant qu’ils ne seront pas fondés sur la confiance entre les acteurs politiques et entre la population et ses dirigeants », a-t-il insisté.
Le président du parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) estime que toute initiative internationale ne peut porter ses fruits que si la confiance est d’abord rétablie à l’intérieur du pays.
Dans cette optique, il a réaffirmé son soutien à l’organisation d’un dialogue national inclusif, tel que proposé par l’Église du Christ au Congo (ECC), la CENCO, ainsi que plusieurs forces politiques et sociales congolaises.
La Rédaction









