RDC : le Gouvernement réhabilite les responsables du FRIVAO pour relancer l’indemnisation des victimes de l’invasion ougandaise

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Après plusieurs mois de suspension ayant plongé des milliers de victimes dans l’incertitude, le Gouvernement congolais vient de poser un acte fort en faveur de la justice réparatrice. Par une décision officielle du Ministère de la Justice et Garde des Sceaux, la Direction générale du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) a été réhabilitée dans ses fonctions, ouvrant ainsi la voie à la reprise effective du processus d’indemnisation.

À la tête de cette structure stratégique, le coordonnateur national, François Mwarabu Ngalema, reprend ses fonctions avec pour mission prioritaire de redynamiser un dossier à haute sensibilité sociale, politique et humaine. Cette réhabilitation marque une nouvelle étape dans l’engagement de l’État congolais à traduire en actes la décision historique de la Cour internationale de Justice (CIJ), qui a condamné l’Ouganda à réparer les préjudices causés lors de l’invasion de l’Est de la RDC entre 1998 et 2003.
Une attente longue et douloureuse
À Kisangani, Bunia, Buta, Isiro, ainsi que dans plusieurs territoires du Nord-Est du pays, des milliers de familles continuent de vivre avec les séquelles des massacres, pillages, viols, destructions d’infrastructures et déplacements forcés perpétrés durant cette période sombre de l’histoire nationale. Pour ces victimes, le FRIVAO demeure l’unique espoir de reconnaissance officielle et de réparation des préjudices subis.

« Nous avons attendu trop longtemps. Certains sont morts sans jamais voir justice leur être rendue. Cette relance est un soulagement, mais nous attendons désormais des actes concrets », confie un représentant des victimes de Kisangani.

Une mission à fort enjeu
La réhabilitation de l’équipe dirigeante du FRIVAO intervient dans un contexte où la crédibilité du mécanisme d’indemnisation avait été sérieusement mise à l’épreuve. Retards répétés, incompréhensions, suspension temporaire des paiements et tensions sociales avaient alimenté un climat de frustration généralisée parmi les bénéficiaires.

Avec cette nouvelle impulsion, le Gouvernement entend restaurer la confiance, accélérer la mise en œuvre des indemnisations et renforcer la transparence dans la gestion des fonds issus des réparations versées par l’Ouganda.
Un signal politique fort
Au-delà de sa portée administrative, cette décision constitue un signal politique fort. Elle traduit la volonté des autorités congolaises de ne pas abandonner les victimes et de faire de la justice réparatrice une réalité tangible. Elle s’inscrit également dans la vision du Chef de l’État, qui place la dignité humaine, la mémoire des victimes et la cohésion nationale au cœur de son action.

Vers une reprise imminente des paiements.

Selon des sources proches du Ministère de la Justice, les opérations d’identification, de vérification des listes et de décaissement des indemnisations devraient reprendre progressivement dans les prochains jours. Des mesures d’accompagnement sont également prévues afin de mieux encadrer les bénéficiaires et d’éviter les dérives constatées par le passé.
Pour des milliers de Congolais meurtris, cette décision résonne comme un retour de l’espoir et, surtout, comme la promesse d’une justice longtemps attendue, enfin en voie de concrétisation.
JTN

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