Sauvons l’Académie des Beaux-Arts : quand l’illégalité menace l’excellence académique Par le Collectif des enseignants de l’Académie des Beaux-Arts de KinshasaL’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire. Institution emblématique chargée de former l’élite artistique et intellectuelle du pays, elle se trouve aujourd’hui fragilisée par une gouvernance controversée et des pratiques qui interrogent profondément le respect des normes académiques et institutionnelles.

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Depuis plusieurs années, la communauté académique alerte sur une gestion jugée chaotique et sur des décisions administratives dont la légalité demeure sujette à caution. La reconduction récente du Directeur Général pour un troisième mandat, dans un climat déjà tendu, a ravivé un malaise ancien et largement partagé au sein du corps enseignant.

La question centrale des titres académiques
Au cœur de cette crise se trouve une problématique fondamentale : la conformité des titres académiques du Directeur Général reconduit au regard des textes régissant l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) en République Démocratique du Congo.
Il est de notoriété publique que l’accession au grade de Professeur Ordinaire est strictement encadrée. Elle exige notamment :
la détention d’un doctorat reconnu ou d’un titre scientifique équivalent ;
une carrière académique régulièrement évaluée ;
des productions scientifiques avérées et validées ;
le respect scrupuleux des procédures légales de nomination.

Or, des informations concordantes, étayées par des documents détenus au sein de la communauté académique, soulèvent de sérieuses interrogations quant à l’existence, à la reconnaissance officielle et à la régularité du diplôme de doctorat du Directeur Général actuellement en fonction. Malgré l’absence de clarification publique et officielle sur ces points, l’intéressé aurait accédé au grade de Professeur Ordinaire, puis été reconduit à la tête de l’institution.

Une atteinte à la méritocratie universitaire
Cette situation est vécue comme une atteinte grave au principe de méritocratie, socle de toute institution universitaire digne de ce nom. Elle constitue un précédent dangereux pour l’ensemble du système de l’ESU, en envoyant un message profondément démotivant aux enseignants qui respectent les normes, produisent de la recherche scientifique et se forment, parfois à l’étranger, dans le strict respect des règles académiques.

À l’Académie des Beaux-Arts, ce malaise se traduit par une perte de confiance, une fracture interne et un sentiment d’injustice institutionnelle de plus en plus prononcé.

L’institution, au lieu d’être un modèle d’excellence, risque de devenir un symbole de dérive administrative et de banalisation de l’irrégularité.
Un enjeu national et international
Au-delà des personnes, c’est la crédibilité nationale et internationale de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa qui est en jeu. Comment prétendre former l’élite artistique et intellectuelle du pays lorsque les règles les plus élémentaires de transparence et de légalité sont perçues comme optionnelles au sommet de l’institution ?

Notre appel
Face à la gravité de la situation, nous, enseignants de l’Académie des Beaux-Arts, appelons solennellement :
à l’ouverture d’une enquête administrative et académique indépendante ;
à la vérification rigoureuse des titres académiques, des nominations et des procédures de reconduction ;
au respect strict des lois et règlements de l’ESU, sans complaisance ni favoritisme.
Sauver l’Académie des Beaux-Arts n’est ni un acte de rébellion ni une querelle personnelle. C’est un devoir moral, académique et citoyen.
Il en va de l’avenir de l’enseignement artistique en République Démocratique du Congo.

Sauvons l’Académie des Beaux-Arts.
Défendons la légalité, la transparence et l’excellence.

✍️ Signé : Me Fal Mamba comme auteur principal.

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