Dix jeunes hommes venus de Mahangi pour travailler dans une société de gardiennage à Beni ont été interpellés mercredi par la police, après avoir été accusés à tort par la population locale d’appartenir au mouvement rebelle M23. L’incident révèle les tensions persistantes dans la région et les dangers des amalgames en période d’insécurité.
La peur et la méfiance ont une nouvelle fois failli virer au drame à Beni, ce 17 septembre 2025 dans l’actuelle Capitale de la province du Nord Kivu, Dix jeunes recrues de la société de gardiennage Top Sig, fraîchement arrivées de Mahagi, ont été arrêtées mercredi dans le quartier Kalinda, commune de Mulekera, suite à des soupçons infondés de liens avec le groupe rebelle M23.
Alertée par la présence de ces nouveaux venus, la population locale, en proie à une insécurité chronique et hantée par les violences des groupes armés, a tenté de les attaquer. Il a fallu l’intervention rapide de la police pour éviter un lynchage.

« Ils sont actuellement auditionnés pour vérifier leur identité et les raisons de leur présence. Le propriétaire de la maison qu’ils occupaient sera également entendu », a précisé le commissaire supérieur Ngongo Mayanga, en charge de l’enquête.
Selon des sources proches du dossier, les dix jeunes hommes sont bel et bien des agents de sécurité recrutés par Top Sig, une entreprise en quête de personnel en raison du déficit de main-d’œuvre locale. Leur venue à Beni avait pour seul objectif d’intégrer les effectifs de cette société de gardiennage active dans la région.
Cette confusion illustre le climat de suspicion généralisée qui règne à Beni, où toute présence inhabituelle peut être perçue comme une menace. Dans un contexte où le spectre du M23 plane toujours, les citoyens oscillent entre vigilance et paranoïa.
Les autorités appellent à la retenue et à la coopération avec les forces de l’ordre pour éviter des bavures ou des erreurs aux conséquences dramatiques.
Le M23, un fantôme omniprésent
Le groupe armé M23, bien que repoussé à plusieurs reprises par l’armée congolaise et les forces partenaires, continue d’alimenter les tensions dans l’Est de la RDC. Présumé actif dans plusieurs zones du Nord-Kivu, son simple nom suffit à semer la panique parmi les populations locales, traumatisées par des années de conflit.
Jean Trésor NTUMBA









