Alors que l’équipe nationale A’ des Léopards est en pleine préparation, le scandale de l’improvisation atteint un nouveau sommet : « repas servis en pleine nuit, joueurs bloqués à l’hôtel sans bus pour se rendre à l’entraînement, prévu à 15 heures, et pire encore, aucune tenue décontractée fournie, les maillots d’entraînement font office de pyjamas ». Un détail qui pourrait prêter à sourire… si ce n’était pas la triste routine d’un football congolais abandonné.
Pendant ce temps, sur le terrain national, le championnat IlicocoCash Ligue 1 patauge dans la médiocrité. Faute de financement, plusieurs clubs peinent à voyager, les matches sont souvent reportés, les salaires en souffrance, et les arbitres livrés à eux-mêmes.
Le tout se joue dans des enceintes en ruine, à commencer par le Stade des Martyrs, symbole du délabrement de notre patrimoine sportif. Ce stade, censé incarner la fierté nationale, offre aujourd’hui l’image d’un champ de guerre, indigne même d’un football provincial.
Et pourtant, le ministère des Sports, sous la direction de Didier Budimbu, trouve les ressources pour signer des partenariats avec des clubs européens à plusieurs millions de dollars.
Un contraste saisissant : d’un côté, des joueurs locaux oubliés et humiliés, de l’autre, un chèque en blanc pour les étrangers
Le droit au sport pour tous est inscrit dans les textes fondamentaux. L’État, garant du bien-être de ses citoyens, a l’obligation de développer et encadrer les disciplines sportives, en particulier celles qui unissent la nation. Le détournement systématique des priorités viole cet engagement.
Il s’agit d’un désaveu grave. Le sport est un instrument de cohésion sociale, un levier de développement local, et un outil de rayonnement national. Mais en RDC, il est devenu un terrain de communication politicienne et de gestion clientéliste, souvent opaque.
La politique actuelle tue le football local. Sans championnat fort, sans infrastructures dignes, sans politiques de soutien aux talents locaux, nos Léopards seront condamnés à jouer le rôle de figurants sur la scène continentale.
Pendant qu’on affame nos Léopards, on engraisse les vitrines européennes. Jusqu’à quand cette politique de l’absurde ?
Jean-Trésor NTUMBA









