Des sujets centrafricains, communément appelés Mbororo, ayant fui les atrocités en Republique Centrafricaine (RCA) ont trouvé refuge depuis 2020 en République Démocratique du Congo et se trouvent présentement dans le territoire de Mobayi-Mbongo (à Inke) et la ville de Gbadolite (précisément dans la commune de Molegbe), dans la province du Nord-Ubangi. Bien qu’ayant le statut de réfugiés et disposant de la carte de réfugiés leur octroyée par la Commission Nationale des Réfugiés (CNR), les réfugiés centrafricains Mbororo font l’objet des mauvais traitements et sont même menacés d’expulsion du territoire congolais par les autorités provinciales du Nord-Ubangi. C’est l’alerte lancée par par leur Avocat, Me Didier Dandu, du barreau du Nord-Ubangi.
« Les réfugiés centrafricains Mbororo avaient sollicité de venir dans le camp de Inke, situé à plus ou moins 40 kilomètres de la ville de Gbadolite, qui est un camp reconnu internationalement et qui héberge les réfugiés, pour qu’ils soient mis à l’abri des menaces.
Nous rappelons que la RDC a ratifié la charte de Genève relative aux réfugiés qui donne droit à la protection…
Il faut signaler que, parmi ces réfugiés en détresse, il y a des personnes de troisième âge, des personnes vivant avec handicap, les femmes enceintes et les femmes allaitantes, les enfants de moins de 5 ans, et des personnes vulnérables, qui sont à mobilité réduite. », a-t-il expliqué, avant de renchér.
« Chose grave, les réfugiés centrafricains ont été contraints de signer un document pour leur retour, de gré ou de force, dans leur pays d’origine. Il y a quelques jours, ils ont été contraints de retourner chacun dans sa région de provenance. Alors que nous sommes pendant la saison pluvieuse.
Ils craignent de retourner dans des conditions pareilles, notamment pour des raisons de sécurité, parce que les rebelles centrafricains Balaka, basés en face de la localité frontalière de Mogoro, risquent de s’en prendre à eux, pour la simple raison que ces insurgés sont hostiles aux Mbororo , qui sont de religion musulmane.
En plus, alors qu’ils devaient bénéficier de la protection du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), ces réfugiés Mbororo ne bénéficient pas de cette protection, parce que le HCR et le CNR étaient sous la menace du Gouvernement provincial du Nord-ubangi »
Défenseur de ces ressortissants centrafricains en détresse, Me Didier Dandu sollicite auprès des autorités de la RDC, en collaboration avec le HCR, un moratoire pour un retour volontaire et sécurisé de ces réfugiés Mbororo, dans leur pays, conformément à la convention de Genève, plutôt que de procéder à leur expulsion de force du territoire congolais.
« Cette population réfugiée se trouve devant un dilemme : leur souhait, c’est de retourner dans leur pays, dans le cas où la RDC ne sera pas en mesure de les protéger, de les héberger ou de les cantonner. Mais Ils veulent un retour volontaire et sécurisé. Que le Gouvernement congolais sollicite auprès du gouvernement centrafricain, l’ouverture d’un couloir humanitaire, pour assurer leur retour sécurisé au bercail, sous la protection de la RDC ou en commun accord avec les pays voisins, autres que la République centrafricaine, par Mobayi Mbanga où ils doivent utiliser les bacs ou encore des radeaux pour transporter leurs bétails (vaches) », a plaidé Me Didier Dandu, avocat au barreau du Nord-Ubangi.
JRM









