Mike Mukebayi Nkoso : « Nous ne sommes pas d’accord avec Félix Tshisekedi, qui veut organiser un dialogue à son goût, à ses conditions »

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Dans une intervention sur CML13 TV, le Coordonnateur du parti Ensemble pour la République/Kinshasa, Mike Mukebayi Nkoso s’est prononcé sur plusieurs sujets d’actualité. Il a notamment évoqué les activités diplomatiques par son Chef de parti, le Chairman Moïse Katumbi Chapwe, qui selon lui, est très préoccupé par la crise multidimensionnelle dont fait face son pays, la République Démocratique du Congo.

Le Président Moïse Katumbi va bien, sur le plan de la santé, mais c’est un homme un peu affecté par le fait qu’il est loin de son pays, loin de sa terre natale. Il souffre un peu du mal du pays.
Je parle régulièrement au téléphone avec lui. C’est un homme très combatif et très engagé.

Même s’il n’aime pas qu’on monitore un peu trop sur ce qu’il fait mais je dois révéler que, bien que se trouvant à l’extérieur du pays, Moïse Katumbi est diplomatiquement très très actif. A titre d’exemple, il a réussi à obtenir le vote de la résolution 555 de la Chambre des Représentants des États-Unis d’Amérique, qui exigeait un dialogue format CENCO-ECC et qui mettait Félix Tshisekedi en garde de ne pas se laisser tenter par l’idée d’un 3ème mandat. C’est donc Moïse Katumbi qui a travaillé en coulisses efficacement dans les milieux républicain et démocrate. Il faut retenir que c’est une résolution qui est passée avec un vote bipartisan. Donc, les deux principaux camps ont voté en faveur de cette résolution-là. C’est pour dire comment l’establishment américain a appuyé cette démarche.

En dehors de cela, le Chairman de Ensemble pour la République a eu un tête-à-tête, au Saint-Siège, avec le Pape Léon XIV, après avoir assisté à l’audience publique. Il n’a pas voulu en faire une publicité mais moi, je préfère quand-même en parler, parce qu’en politique, on dit : ‘il faut bien faire les choses et les faire savoir », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, en bon analyste politique, le député provincial honoraire de la ville Kinshasa s’est apaisanti sur la problématique de l’organisation d’un dialogue national inclusif entre congolais, pour résoudre la crise multidimensionnelle qui devait en RDC, cela réagissant à la dernière prise de position du Chef de l’État congolais qui, devant le corps diplomatique, a martelé que ledit dialogue national va être à son initiative et ne concerne pas ceux qui ont pris les armes contre la République ainsi que les personnes faisant l’objet des poursuites judiciaires.

« Moïse Katumbi est un homme de paix, tout comme mon parti, Ensemble pour la République. Notre dernière prise de position a été très claire : nous ne sommes pas d’accord avec Félix Tshisekedi qui veut organiser un dialogue à son goût, à ses conditions à lui. Pourtant, Félix Tshisekedi et son camp sont une partie à ce conflit. Pour preuve, dans les différents documents signés par l’AFC/M23 et les délégués du Gouvernement à Doha, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo est repris comme partie au conflit. C’est notamment le cas de la Déclaration des principes, qui a été signée tout au début des négociations à Doha.

Félix Tshisekedi a déjà compris et accepté qu’il est et restera une partie au conflit. Je suis convaincu que son discours consistant à faire un pas en avant et un pas en arrière, c’est un peu pour satisfaire les faucons de son camp, pour leur montrer qu’il a encore la main.
On ne peut pas comprendre que le Chef de l’État dise un jour, à Luanda, qu’il est favorable au dialogue et qu’il en confie même les rennes au Président Lourenço et, lendemain, il revient, en disant : c’est moi qui organise le dialogue.
On y comprend plus rien.

Grosso modo, nous, nous restons favorables au dialogue que nous appuyons. Nous avons mis en place une feuille de route, au niveau de Ensemble pour la République, et que cette feuille de route est claire: c’est d’aller vers les différentes parties et de les convaincre toutes pour s’engager dans la voie du dialogue », a dit avec force, le numéro Un de Ensemble pour la République dans la capitale de la RDC.

Pour Mike Mukebayi, c’est notamment la discorde entre le Gouvernement de la RDC et ses partenaires des processus de Washington et de Doha, qui bloque la tenue du dialogue national inclusif.

« La raison est que l’Accord de Washington bloque toujours et achoppe à cause des comportements des parties signataires de ce document. Il y a aussi Doha, qui nous bloque. A en croire certains observateurs, pour aller vers un dialogue, il faut commencer par régler le problème entre belligérants. Parce qu’il y a des questions qui ne concernent que les belligérants, comme le cessez-le-feu, qui ne nous concerne pas (nous, nous n’avons pas pris les armes), bien d’autres questions comme la libération des prisonniers de guerre.

Cela devient donc une conditionnalité : il faut d’abord que Doha aboutisse, qu’il parvienne à un compromis et que, par la suite, qu’on amène ce compromis au niveau du dialogue national inclusif, pour qu’enfin la classe politique, dans son ensemble, y apporte sa caution. », a-t-il souligné, tout en martelant qu’en dehors de la voie des négociations, aucune solution militaire ne peut mettre fin à la guerre.

« Je sais qu’il y a des va-t-en-guerre de l’autre côté, ceux qui pensent que le dialogue n’est pas à encourager. Mais , en dehors du dialogue, quelle est l’autre option qui reste ? Est-ce l’option militaire, qui a montré ses limites? Non seulement qu’elle a montré ses limites sur le terrain (aucune de deux parties n’a réussi à s’imposer sur l’autre), mais plus encore, sur le plan diplomatique, cette option ne reçoit pas la bénédiction de la communauté internationale, qui est contre la solution militaire, pour donner la chance aux négociations qui vont permettre de s’attaquer aux causes profondes de cette crise, qui dure depuis 30 ans.

Et la communauté africaine est du même avis. Pour vous en convaincre : la tournée effectuée par le panel de facilitateurs en RDC, au Rwanda, au Burundi et dans plusieurs pays de la sous-région. C’est le même discours : c’est le dialogue.

Vous n’en voulez pas. Vous voulez faire la guerre ? Est-ce que vous avez les moyens de matérialisation de cette option ? Déjà en Ituri, nous peinons à rétablir la paix face aux rebelles ougandais de l’ADF, qui sont venus s’installer chez nous, commettent des crimes abominables et nous sommes incapables de les déloger .

Ici, dans le Plateau des Bateke, nous sommes incapables de mettre hors d’état de nuire une milice artisanale, les mobondo, qui tient tête à l’Etat depuis quatre ans », a insisté, Mike Mukebayi Nkoso, le Coordonnateur pour la ville de Kinshasa, du parti de l’opposition Ensemble pour la République.

JR Mokolo

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