Une attaque meurtrière imputée aux Forces de soutien rapide a ciblé mardi soir un marché bondé à el-Fasher, capitale du Darfour-Nord, déjà assiégée depuis plusieurs mois. Les bilans divergent, mais les témoignages dénoncent un « massacre ».Au moins 15 personnes ont trouvé la mort et 12 autres ont été blessées, dont trois grièvement, dans une frappe de drone qui a visé mardi soir le marché central d’el-Fasher, selon une source médicale locale. Ce nouveau drame survient dans un contexte de siège prolongé de la capitale du Darfour-Nord, enclavée et privée d’aide humanitaire depuis mai 2024.
Le bilan humain pourrait être bien plus lourd : la coordination des comités de résistance, réseau civil actif dans plusieurs villes soudanaises, avance un total de 27 victimes et dénonce un « massacre prémédité ». L’organisation pointe du doigt les Forces de soutien rapide (FSR), accusées de cibler délibérément les zones civiles dans leur conflit contre l’armée régulière soudanaise.
Depuis le début du siège d’el-Fasher, les combats n’ont cessé de gagner en intensité, piégeant des dizaines de milliers de civils. La ville, dernier bastion de l’armée soudanaise dans la région du Darfour, est devenue l’un des épicentres les plus violents du conflit qui oppose les FSR du général Mohamed Hamdan Daglo (« Hemetti ») aux forces loyales au général Abdel Fattah al-Burhane.
Les bombardements sur des zones densément peuplées, comme les marchés, hôpitaux ou camps de déplacés, sont de plus en plus fréquents, provoquant l’indignation des ONG et des institutions internationales. L’ONU a récemment mis en garde contre un « risque de famine généralisée » et des « crimes de guerre à grande échelle » dans la région.
Face à l’intensification des violences, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une trêve immédiate et un accès humanitaire sécurisé à el-Fasher. « Ce n’est plus une guerre, c’est une extermination », alerte un médecin joint par téléphone, qui affirme que les structures hospitalières sont débordées, sous-équipées et ciblées à leur tour.
Malgré les pressions diplomatiques, les tentatives de médiation entre les deux camps restent sans effet. Sur le terrain, les civils continuent de payer le prix le plus lourd d’un conflit qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et plus de 7 millions de déplacés à travers le pays.
Trésor NTUMBA









