Nouvelle opération de sauvetage au large des côtes sénégalaises. Lundi, la marine nationale a secouru 259 personnes entassées dans une pirogue partie d’un pays voisin. Ce sauvetage, coordonné avec l’armée de l’air, illustre une fois de plus l’ampleur du phénomène migratoire en Afrique de l’Ouest, où les départs vers l’Europe s’intensifient malgré les risques. À mille lieues de là, le modèle migratoire canadien repose sur une gestion plus structurée et sélective, reflet d’approches diamétralement opposées.
Au large de Dakar, 259 migrants ont été interceptés et secourus par la marine nationale sénégalaise, dans une opération conjointe avec l’armée de l’air. L’embarcation, en provenance d’un pays voisin non précisé, tentait de rallier les îles Canaries, porte d’entrée vers l’Europe pour de nombreux migrants d’Afrique subsaharienne. Les rescapés ont été transportés à la base navale Amiral Faye Gassama, où ils ont été pris en charge par les services compétents.
Cette intervention intervient moins d’une semaine après l’interception, au large de la capitale, d’une autre pirogue transportant près de 120 personnes par la gendarmerie.
Un cycle qui se répète
Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation sur les dangers de la mer, les départs clandestins depuis les côtes sénégalaises se multiplient. Les raisons sont connues : pauvreté, chômage des jeunes, instabilité dans certains pays voisins, et l’espoir tenace d’une vie meilleure en Europe. Face à cela, les moyens de surveillance maritime se renforcent, mais peinent à juguler un phénomène de fond.
L’Afrique de l’Ouest, épicentre d’une migration désespérée
Le Sénégal, comme la Mauritanie ou la Gambie, est devenu une plaque tournante du transit migratoire. Les départs s’y organisent souvent dans l’ombre, en dehors de tout cadre légal, dans des conditions inhumaines. En 2023, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus de 6 000 personnes sont mortes ou disparues en tentant de traverser l’Atlantique depuis l’Afrique de l’Ouest vers les Canaries.
À l’inverse, le Canada développe une politique migratoire fondée sur la sélection et l’intégration. Le pays attire chaque année des milliers de migrants qualifiés à travers des programmes transparents, comme le système Entrée express ou le parrainage familial. Si des demandes d’asile y sont également déposées, la majorité des arrivées se fait dans un cadre organisé, sécurisé, et souvent facilité par l’État lui-même.
Alors que les pirogues surchargées quittent clandestinement les côtes africaines au péril de vies humaines, des avions acheminent chaque jour au Canada des travailleurs qualifiés ou des réfugiés réinstallés par le HCR. Ce contraste illustre l’urgence d’un changement de paradigme pour le continent africain : créer des voies de migration légales, renforcer la coopération régionale et internationale, et surtout, s’attaquer aux causes profondes du départ.
Jean-Trésor NTUMBA









