Gabon–Bénin : le marché d’Isaac cristallise les tensions

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À Lambaréné, l’inauguration du marché Isaac vire à la crise diplomatique. Des commerçants gabonais dénoncent une préférence donnée aux ressortissants béninois. L’affaire, amplifiée par les réseaux sociaux, soulève des interrogations sur la xénophobie, la libre circulation et la stabilité régionale.

Les échauffourées de Lambaréné auraient pu rester un fait divers local. Mais en quelques heures, vidéo à l’appui, les réseaux sociaux ont transformé l’inauguration du marché Isaac en scandale national. Au cœur de la polémique : l’attribution jugée inéquitable des étals, où des commerçants gabonais accusent des Béninois d’avoir été « favorisé », parlant d’une « spoliation économique ».

Le gouvernement béninois n’a pas tardé à réagir, faisant état de « menaces et intimidations » envers ses ressortissants. Cotonou a proposé un plan de retour volontaire pour ceux qui le souhaitent, tout en annonçant l’envoi d’une délégation à Libreville pour apaiser les tensions. Une démarche diplomatique prudente, mais qui traduit l’ampleur du malaise.

Libreville, de son côté, parle d’un simple malentendu « nourri par des manipulations en ligne » et nie toute forme de xénophobie organisée. Pourtant, derrière les dénégations officielles, la préférence nationale s’invite dans les discours publics. La crispation sociale, exacerbée par les difficultés économiques, trouve ainsi un exutoire dans les tensions communautaires.

Au-delà de l’incident, c’est la solidité des relations Gabon–Bénin qui est mise à l’épreuve. Dans une sous-région marquée par des appels à une plus grande intégration africaine, ce type de crise pose la question de la sincérité des engagements en matière de libre circulation. La CEDEAO, bien que théoriquement garante de cette cohésion, observe en silence une fracture qui, si elle s’amplifie, pourrait affaiblir tout l’édifice sous-régional.

JTNS

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