Kinshasa : briser le tabou de la santé sexuelle pour sauver la jeunesse

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En République démocratique du Congo, la santé sexuelle reste un sujet largement tabou, avec des conséquences dramatiques pour la jeunesse. Près d’une femme sur trois est mariée trop jeune et une fille sur quatre tombe enceinte avant 18 ans.

Face à ces chiffres alarmants, Mamisa Amondo, fondatrice de l’ASBL Les Femmes qui rêvent grand, plaide pour une prise de conscience collective. Elle insiste sur la nécessité d’initier les enfants, en particulier les filles, à l’éducation sexuelle de la famille.

« Faute d’accompagnement à la maison ou à l’école, nombre de jeunes cherchent des réponses ailleurs, parfois au mauvais endroit, ce qui les expose à de graves conséquences. Si les parents et les établissements scolaires prenaient le temps de dialoguer et de sensibiliser, bien des jeunes filles seraient épargnées de ce fléau », explique-t-elle.

Mais l’éducation sexuelle ne doit pas se limiter aux filles. « Les garçons aussi ont droit à une information juste et adaptée », rappelle-t-elle. Car au-delà des grossesses non désirées, l’absence d’éducation sexuelle expose également les jeunes aux infections sexuellement transmissibles, aux violences et aux abus.

Mamisa Amondo déplore un climat de honte et de silence qui enferme les enfants : « Les enfants n’osent pas parler des réalités qu’ils traversent, de peur d’être jugés. Briser ce tabou est donc une urgence pour protéger et responsabiliser la jeunesse congolaise. »

Elle appelle ainsi à un engagement fort de tous les acteurs : « La famille, l’Église et l’État ont un rôle essentiel à jouer pour recadrer filles et garçons à travers une véritable sensibilisation. Les informer sur les conséquences d’une vie sexuelle mal maîtrisée est une urgence. Il est temps de briser ce tabou en Afrique pour sauver ces vies innocentes et vulnérables. »

Alors que le monde vient de marquer la Journée internationale de la santé sexuelle, le message de Mamisa Amondo résonne comme un appel pressant : la jeunesse congolaise a besoin d’être protégée, écoutée et accompagnée.

GHK

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